Nouvelle autobiographique, Aurore, 38 ans.
Javais vu Lo ce premier jeudi férié de mai. A peine une poignée
de secondes, juste le temps de se donner rendez-vous mardi soir au pub.
Elle avait eu ce petit sourire, lèvres serrées, paupières
closes, ce petit sourire du « pas de soucis ».
Elle portait la robe de lin noir que nous avions achetée ensemble
lété précédent. Je lavais pensée
heureuse, sur cette terrasse de restaurant, les bras chargés
dassiettes. De cette après-midi, javais emporté
la douceur de ses cheveux, mousse légère laissée
à la brise du printemps.
Je ne sais plus pour quelles raisons jai voulu avancer notre rencontre au lundi soir. Jai appelé chez Lo, juste pour laisser un message sur son répondeur. La voix dA... au bout du fil ma surprise. Que faisait-il encore là, dans son appartement ? En bonne copine, jai pesté contre la gentillesse de Lo qui lui fait tout accepter.
Et puis
Chacune de mes heures, de mes minutes, de mes secondes, sest emplie de Lo. Une rupture danévrisme, lhôpital, le coma, tout est dit. A...était venu fouiller dans ses affaires à la recherche de mon numéro de téléphone. Il voulait me prévenir. Jai honte mais jai dabord pensé à ce service quelle ne pourrait pas me rendre. La douleur est venue ensuite, pleine, ronde, bulle qui met à distance le reste du monde. Affolée, la voix pleine de larmes jai essayé de joindre S... et C... pour que le quatuor se referme autour de ce qui semblait être déjà la perte de lune de nous. La vie sest mise au ralenti. Jai désespéré de Lo avant de croire au miracle de son retour. Je me suis absentée de ma vie, ma pensée rivée sur celle de Lo.
Je ne sais plus pour quelles raisons jai voulu avancer notre rencontre au lundi soir. Jai appelé chez Lo, juste pour laisser un message sur son répondeur. La voix dA... au bout du fil ma surprise. Que faisait-il encore là, dans son appartement ? En bonne copine, jai pesté contre la gentillesse de Lo qui lui fait tout accepter.
Et puis
Chacune de mes heures, de mes minutes, de mes secondes, sest emplie de Lo. Une rupture danévrisme, lhôpital, le coma, tout est dit. A...était venu fouiller dans ses affaires à la recherche de mon numéro de téléphone. Il voulait me prévenir. Jai honte mais jai dabord pensé à ce service quelle ne pourrait pas me rendre. La douleur est venue ensuite, pleine, ronde, bulle qui met à distance le reste du monde. Affolée, la voix pleine de larmes jai essayé de joindre S... et C... pour que le quatuor se referme autour de ce qui semblait être déjà la perte de lune de nous. La vie sest mise au ralenti. Jai désespéré de Lo avant de croire au miracle de son retour. Je me suis absentée de ma vie, ma pensée rivée sur celle de Lo.
