Je tai emmenée partout Lo. Jai regardé, écouté pour toi. Je tai parlé tout au long de ces molles journées et de ces nuits sans sommeil. Jai tout imaginé, de ta mort à ton retour vers nous. En prenant mes enfants dans les bras, cest toi que je serrais contre moi. Un long fil ininterrompu de mots nous reliait Lo. Javais peur que trop de silence nous éloigne à jamais. Au moindre relâchement de ce monologue incantatoire je sursautais, déjà responsable de ton départ. Jai follement espéré, Lo, sentir à nouveau, au bout de mes doigts, la douceur envolée de tes cheveux[ ].
