Autobiographie Angèle, 78 ans.
Tu as voulu que je fasse ce livre. Au début, je nai rien voulu
entendre. Tu ne connais pas la moitié de ma vie. Jaurais
préféré garder pour moi tout cet inconnu qui risque
de déranger le portrait que je me suis soigneusement composée.
Quand tu me regardes, tu vois une vieille femme. Tout le monde sait que les dames âgées sont bien sages et bien rangées. Tu as mangé mes gâteaux à lorange tous les mercredis, tu as écouté les petites histoires de mon enfance. Je suis ta grand-mère et jai pour toi le parfum sucré des heures de bonheur innocent.
Tu es devenu une belle jeune femme. Tu es inquiète, tu sais que je vais mourir.
Ne dis pas non ! Tout le monde meurt un jour. Tu as peur de perdre mon passé, tu crois quil tappartient. Tu veux le conserver, lembaumer pour tes enfants, tes petits-enfants. Tu imagines le titre : les petites histoires douces de mamie Lili.
Mais je tai menti, ma chérie, comme on doit mentir aux enfants pour quils soient heureux.
Toutes les blessures, tous les chagrins, les tromperies, allez à la trappe!
Je ne voulais pas écrire mes mémoires ou en tout cas pas comme ça. Je métais préparée à te faire le cadeau dun beau recueil de contes acidulés. Mais je nai pas pu. Jai été emporté par le flot de mes souvenirs. Cest de ma vie de femme quil sagit ici. Sans aucune fierté, ni honte non plus. Je me rends compte aujourdhui à quel point cette vie est particulière.
Si je navais pas toujours tout dissimulé , ma chérie, tu nexisterais pas.
Jai choisi de vivre à côté de moi. [ ]
Quand tu me regardes, tu vois une vieille femme. Tout le monde sait que les dames âgées sont bien sages et bien rangées. Tu as mangé mes gâteaux à lorange tous les mercredis, tu as écouté les petites histoires de mon enfance. Je suis ta grand-mère et jai pour toi le parfum sucré des heures de bonheur innocent.
Tu es devenu une belle jeune femme. Tu es inquiète, tu sais que je vais mourir.
Ne dis pas non ! Tout le monde meurt un jour. Tu as peur de perdre mon passé, tu crois quil tappartient. Tu veux le conserver, lembaumer pour tes enfants, tes petits-enfants. Tu imagines le titre : les petites histoires douces de mamie Lili.
Mais je tai menti, ma chérie, comme on doit mentir aux enfants pour quils soient heureux.
Toutes les blessures, tous les chagrins, les tromperies, allez à la trappe!
Je ne voulais pas écrire mes mémoires ou en tout cas pas comme ça. Je métais préparée à te faire le cadeau dun beau recueil de contes acidulés. Mais je nai pas pu. Jai été emporté par le flot de mes souvenirs. Cest de ma vie de femme quil sagit ici. Sans aucune fierté, ni honte non plus. Je me rends compte aujourdhui à quel point cette vie est particulière.
Si je navais pas toujours tout dissimulé , ma chérie, tu nexisterais pas.
Jai choisi de vivre à côté de moi. [ ]
